Avec 47 listes, le dépouillement des bulletins dans les 14.000 bureaux de vote va relever d’un compte d’apothicaire.

Même si le décompte des bulletins s’est poursuivi jusque tard dans la nuit, il faudra attendre le début de l’après-midi de ce lundi 31 juillet pour avoir les résultats d’un scrutin mal-organisé, marqué par des incidents sans précédent. C’est donc dans le suspense et la confusion que les Sénégalais attendent de connaître les 165 visages qui vont les représenter à l’Assemblée nationale à l’issue des élections les plus chères, les plus contestées de l’histoire politique du pays.

A l’annonce des résultats, les urnes pourraient révéler quelques surprises de taille. Les pluies tombées sur le pays étaient peut-être annonciatrices du climat de confusion et de suspense dans lequel les Sénégalais attendent les résultats des législatives du 30 juillet . En dépit de l’autorisation accordée in extremis par le Conseil constitutionnel après les nombreux retards dans la distribution des nouvelles cartes, tous les électeurs n’ont pas pu accomplir leur devoir citoyen.

Organisation chaotique d’un scrutin très disputé

Une situation qui vient des dysfonctionnements d’une organisation chaotique de ce scrutin très disputé avec 47 listes ou coalition en lice, une première dans l’histoire politique du Sénégal. Dans certains cas, les opérations de vote ont débuté avec d’importants retards – entre trois et quatre heures pour certains bureaux- quand elles ont pu se tenir. Des électeurs en possession pourtant en possession de leurs cartes biométriques n’ont pas pu voter, leur nom ne figurant pas sur le fichier.

Situation singulière à Touba, une cité religieuse confrérique située à 194 km de la capitale, où le vote a été perturbé. Le scrutin qui n’y a pas débuté qu’à midi en raison de retards, a été prolongé jusqu’à minuit. Mais une partie des électeurs- près de 50.000 personnes- n’a pas pu voter en raison d’un saccage de 80 bureaux de vote.

Signe de l’engouement d’un corps redynamisé de 6,2 millions d’électeurs (contre 5,3 millions pour les législatives de 2012), le taux de participation devrait être la grande surprise de ce scrutin. Selon les premières estimations, ce taux de participation devrait friser les 60%, un record par rapport aux précédentes législatives (36,6%).

Petits partis, candidats indépendants, la surprise des urnes

Néanmoins, les urnes pourraient surprendre pour un scrutin test à 18 mois de la présidentielle. Dans l’ensemble, les premières tendances placent le tiercé gagnant entre la coalition présidentielle Benno Bokk Yakkar, la coalition Mankoo Taxawu Sénégal, menée par Khalifa Sall, le maire de Dakar emprisonné depuis le 7 mars dernier sur des soupçons de détournements de deniers publics. Sur la troisième marche du podium, la Coalition gagnante Wattù Sénégal, menée par l’ancien président Abdoulaye Wade.

Les résultats devraient aussi conforter aussi la percée des petits partis notamment celle de Ndawi Askan Wi (Les fils du peuple) d’Ousmane Sonko, un ancien fonctionnaire dissident. Encore méconnu il y a quelques mois, le Parti de l’Unité et du Rassemblement (PUR), menée par le professeur Issa Sall et affilié à la confrérie tidjane, devrait être la quatrième force politique du pays.

En cavalière seule, Aïssata Sall, ancienne militante du parti socialiste, a tiré son épingle du jeu politique avec sa coalition « Osez l’avenir ». Grand absent de l’hémicycle, le tonitruant Me El Hadj Diouf, autoproclamé « député du peuple », connu pour son bagout, est assuré de perdre son siège.

Une nouvelle configuration politique est en train de se mettre en place au Sénégal, souvent présenté comme une vitrine démocratique en Afrique de l’Ouest. L’hémicycle promet des joutes verbales et politiques sur fonds de jeux d’alliances, une fois le suspense des résultats levé.

Afrique.latribune

Laisser un commentaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci de valider votre commentaire !
Merci de renseigner votre nom ici.