Pilonnée par les vents de près de 200 km/h et les pluies intenses accompagnant Irma, désormais un ouragan de catégorie 2, la Floride déplorait dimanche ses premières victimes, tuées dans des accidents de la route.

L’ouragan rétrogradé, en catégorie 2 sur une échelle de 5, devrait rester une dépression extrêmement dangereuse dans les jours à venir, en particulier sur la côte ouest de la Floride, selon le Centre américain des ouragans (NHC).

Le maire de Tampa, Bob Buckhorn a cité l’ancien boxeur Mike Tyson: «Tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’ils prennent un direct au visage, et bien on va bientôt en prendre un».

L’œil du gigantesque ouragan Irma a touché terre dimanche sur la côte ouest de la Floride juste au sud de la ville balnéaire de Naples, a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC).

L’œil de l’ouragan a atteint Marco Island à 15H35 local (21H35 en Belgique) affichant des vents de 185 km/h, a indiqué le NHC. Irma est déjà passé sur les Keys dimanche matin, un archipel au large de la Floride continentale.

Le NHC a mis en garde contre l’imminence de la marée de tempête –une montée brutale des eaux – – à Naples et Marco Island.

«ELOIGNEZ-VOUS DE L’EAU», écrit-il en majuscules dans son bulletin, prévoyant des inondations de 3,5 à 5 mètres dans ce secteur.

Deux conducteurs ont trouvé la mort dans tôt dimanche matin dans une collision frontale, près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride. Un chauffeur de camion a également été tué sur l’archipel des Keys, samedi.

Ce bilan s’ajoute aux 27 morts dans les Caraïbes et aux énormes dégâts matériels déjà causés par Irma.

Montée des eaux

C’est cette montée des eaux, plus encore que les vents, que redoutent les résidents de Naples.

Le déferlement pourrait avoir des conséquences terribles, avec une élévation de l’eau de 3 à 4,5 mètres, ont prévenu les autorités.

«Je m’inquiète de tous ces gens qui ne croient pas à une montée des eaux brutale. Il est vital de redouter ce déferlement», s’irrite Virginia Defreeuw, une septuagénaire qui a abandonné son mobile home pour un refuge.

«Les gens n’écoutent pas, certains se disent + On a survécu à (l’ouragan) Wilma, on a survécu à Charley, cela se passera bien, on peut en traverser un autre +», reprend-elle. «Mais celui-ci est néfaste».

Plus d’un million de personnes vivent dans la région de Naples, dans le sud-ouest de la Floride.

Les effets de cet ouragan gigantesque de la taille du Texas n’épargnent pas la cote est. Miami est assaillie par des vents et une pluie très intenses. Au moins deux grues ont été partiellement emportées.

Le quartier de Brickell sur le bord de mer est en partie inondé «par la marée qui passe au-dessus des digues» a témoigné à l’AFP Steven Schlacknam, un artiste de 51 ans.

«La jetée en bois a pratiquement disparu», a-t-il ajouté.

Les résidents doivent également craindre les tornades. Plusieurs alertes ont été déclenchées, y compris pour la zone de Miami Beach.

Dimanche matin, plus d’un million de foyers et entreprises en Floride étaient privés d’électricité, selon la compagnie Florida Power and Light.

Les Keys en première ligne

Le cœur de l’ouragan, où les vents et les précipitations sont les plus intenses, a d’abord frappé dimanche matin l’archipel des Keys, à la pointe sud de la Floride.

«Les bateaux sont littéralement arrachés, les palmiers sont couchés sur le sol. Les lignes électriques sont en train de lâcher […] Personne ne peut se tenir debout dans les vents que je vois par la fenêtre», a décrit par téléphone sur CNN Maggie Howes, une secouriste calfeutrée au deuxième étage d’un petit bâtiment de Key Haven, à la pointe de l’archipel.

Les Keys, une langue de terre très basse, avaient déjà été aux trois-quarts détruites par l’ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

La Floride a décrété des ordres d’évacuation d’une ampleur sans précédent, pour 6,3 millions de personnes, y compris la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa que l’ouragan devrait frôler ou frapper tôt lundi. A Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé.

«C’est une tempête d’une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement», a tweeté le président américain Donald Trump.

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