Washington n’a pas réussi à atteindre tous les objectifs visés à travers l’appel à la tenue d’une réunion extraordinaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les manifestations récentes en Iran. 

Les Etats-Unis souhaitaient rallier les membres du Conseil de Sécurité et intensifier la pression internationale sur Téhéran, en mettant le dossier des Droits de l’Homme en Iran sur la table d’examen au cours de la réunion extraordinaire qui s’était tenue dans la nuit de vendredi et jusqu’à l’aube de samedi.

Les allocutions des représentants des Etats membres du Conseil de Sécurité, précédées par celle du Sous secrétaire général aux affaires politiques des Nations Unies, Taye Brook Zerihoun, au début de la session, étaient équilibrées et ont appelé à la nécessité de maintenir les canaux de communication avec Téhéran.

La Russie a considéré que le simple appel lancé par les Etats-Unis pour discuter au Conseil de Sécurité, le dossier des Droits de l’Homme et les manifestations récentes en Iran, est « un mauvais usage des pouvoirs du Conseil de Sécurité ».

Le Sous secrétaire général aux affaires politiques des Nations Unies, Taye Brook Zerihoun, a souligné dans son allocution, « l’importance de communiquer avec les autorités iraniennes à Téhéran » pour prévenir de nouvelles violences ou des représailles contre les manifestants pacifiques ».

Le responsable onusien a fait allusion aux «marches pro-Régime qui ont eu lieu dans les villes iraniennes au cours des deux derniers jours ».

Il a indiqué que le Secrétaire général a reçu un message de la part du représentant iranien permanent auprès de l’ONU, dans lequel il a accusé Washington «d’intensifier son ingérence dans les affaires internes de l’Iran, sous prétexte de soutenir les manifestations ».

Le représentant russe, Vassily Alekseevich Nebenzia, a fortement critiqué son homologue américaine, Nikki Haley, et s’est demandé, : «Pour quelle raison les Etats-Unis insistent sur l’abus des pouvoirs du Conseil de Sécurité ? ».

Il a, à cet effet, appelé à «arrêter toute ingérence dans les affaires de l’Iran », mettant en garde contre les conséquences d’une telle ingérence sur les affaires internes des Etats membres de l’ONU.

«Nous observons une nouvelle fois comment Washington profite du Conseil de Sécurité, le sujet d’aujourd’hui ne fait pas partie des prérogatives du Conseil », a-t-il déclaré.

«Les interventions américaines ont conduit à l’effondrement des régimes en Irak et en Syrie.. L’approche américaine, à travers le recours au Conseil de Sécurité, à engendré le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen », a-t-il renchéri.

Quant au représentant français, l’ambassadeur François Delattre, il a mis en garde contre les répercussions de toute démarche étrangère ace aux manifestations en Iran, de façon qui mène à «renforcer l’extrémisme» dans les pays de la région.

Delattre a déclaré : «Notre position à l’égard de la violence lors des manifestations récentes en Iran doit être adéquate.. notre message est la vigilance, la préoccupation et l’appel au respect total du droit de l’expression … mais nous disons Non au fait d’enflammer la crise depuis l’extérieur, parce que ça ne renforcera que l’extrémisme, ce que nous voudrons exactement éviter ».

Il a affirmé que son pays «souhaite maintenir le dialogue pratique avec Téhéran concernant plusieurs questions, en l’occurrence ses activités balistiques et son rôle dans la région ».

«Notre message est aussi l’appel à protéger le plan de travail commun (l’accord nucléaire) qui est toujours le plus grand exploit », a-t-il ajouté.

Le représentant britannique Matthew Rycroft, a indiqué, lors de son allocution, que «l’Iran a des préoccupations sécuritaires dans la région, mais nous sommes préoccupés par le rôle joué par l’Iran dans certains pays de la région tels que le Yémen, le Liban et l’Irak ».

«Nous sommes préoccupés par les aides fournies par l’Iran au Yémen, en Irak et en Syrie. Nous comprenons que l’Iran ait des préoccupations sécuritaires dans la région, mais le fait de transférer des armes aux Houthis au Yémen augmente la violence et déstabilise la situation dans la région en plus de contrarier les résolutions internationales », a-t-il poursuivi.

L’ambassadeur britannique a également abordé le dossier des Droits de l’Homme en Iran, et a indiqué que son pays «est préoccupé par la situation et désolé pour les pertes humaines, et appelé les autorités iraniennes à mettre fin à la violence et à se soumettre à ses engagements internationaux en matière de Droits de l’Homme ».

La représentante permanente américaine, Nikki Haley, a pour sa part conclu son allocution en affirmant que «l’Iran est dans le collimateur et que le monde entier observe ce qu’il fait ».

Elle a ajouté que « le principe de souveraineté des États membres de l’ONU ne doit pas être sollicité lorsqu’il s’agit de violations des Droits de l’Homme ».

Haley a souligné que « le Régime iranien soutient des parties étrangères avec des milliards de dollars en Syrie, en Irak et au Yémen, au détriment des dépenses internes pour le bien de son peuple ».

Elle a expliqué que « les manifestations que connait l’Iran sont des manifestations spontanées et sans ingérence extérieure » et que « le monde ne restera pas spectateur face à ce qui se passe ».

 » Les rapports de l’ONU indiquent que l’Iran a dépensé 6 milliards de dollars pour soutenir le Régime syrien, au moment où le Régime iranien prive son peuple de jouir des Droits de l’Homme », a-t-elle poursuivi.

«Le peuple iranien parle aujourd’hui à son gouvernement, et nous avons reçu son message : Arrêtez de soutenir le terrorisme et de fournir des millions de dollars aux criminels et aux dictateurs. La communauté internationale ne laissera pas l’Iran taire les manifestants », a-t-elle renchéri.

Toutes les allocutions des représentants permanents des Etats membres du Conseil de Sécurité ont souligné la nécessité de préserver les manifestations récentes en Iran de façon pacifique et ont mis en garde contre les répercussions de l’aggravation de la situation interne en Iran, qui ont des effets dangereux sur la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

Le 28 décembre dernier, des manifestations contre la détérioration du pouvoir d’achat et les difficultés économiques avaient débuté dans les villes de Mechhed et de Kashmar.

Depuis, cette vague de protestation a pris de l’ampleur pour regagner plusieurs autres villes, dont la capitale Téhéran, faisant au moins 25 morts et des dizaines de blessés, tandis que plus de mille personnes ont été arrêtées par les forces iraniennes.

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