Riad, Arabie Saoudite, 20 mai 2017 : Le président américain Donald Trump signe avec l’Arabie Saoudite un contrat de vente d’armes d’un montant de plusieurs milliards de dollars.

Il s’agit d’une déclaration d’intention sur des affaires d’un montant de 110 milliards de dollars, qui prend effet immédiatement, comme l’a dit une porte-parole de la Maison Blanche. Dans les dix années à venir il est prévu que l’Arabie Saoudite achètera de l’armement aux USA pour environ 350 milliards de dollars. Cela représente le plus grand accord de vente d’armes entre les deux pays. A Riad, le président Trump a dit textuellement : « C’était un grand jour. Des investissements énormes aux USA, des centaines de milliards de dollars d’investissements aux USA, des emplois, des emplois, des emplois. »

Qatar, le 15 juin 2017 : Le ministre de la défense américain James Mattis signe un accord avec son homologue du Qatar selon lequel les USA livreront 36 avions de combat du type F-15 d’une valeur de douze milliards de dollars au Qatar, le nouvel ennemi juré de Riad. Cet accord a justement été signé juste après que l’Arabie Saoudite et d’autres Etats arabes aient interrompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar et isolé le pays.

Trump félicitait alors sur Twitter le boycott contre le Qatar écrivant qu’il était bien de voir que sa visite en Arabie Saoudite avait déjà porté ses fruits. Kla.TV a relaté ce fait dans l’émission en langue allemande « Les raisons de l’isolement du Qatar – à qui sert-elle ? » (www.kla.tv/10643).

Mais comment expliquer que le gouvernement américain fasse des affaires dans l’armement se chiffrant en milliards avec l’Arabie Saoudite et en même temps avec son ennemi juré le Qatar ? Il existe une explication très simple, que le général américain Dwight Eisenhower a déjà donnée pendant la Seconde Guerre mondiale et lors de son mandat de président des Etats-Unis de 1953 à 1961, dans son discours d’adieux en janvier 1961 : Eisenhower a notamment averti qu’un « immense establishment militaire et une vaste industrie de l’armement » se sont formés comme une force cachée dans la politique des Etats-Unis d’Amérique et que les Américains « ne doivent pas manquer de reconnaître les lourdes répercussions de cela ». Jonathan Turley, professeur en droit public à l’Université George Washington a qualifié ce discours de « moment le plus courageux et prophétique d’Eisenhower » : cinquante ans plus tard les Américains se retrouvent dans ce qui ressemble à une guerre sans fin, comme par exemple en Irak, en Afghanistan ou en Syrie. Pendant que cette guerre sans fin provoque aussi des pertes sans fin pour les familles, elle mène pourtant aussi à des profits sans fin, c’est-à-dire à des profits pour un nouveau groupe d’intérêt provenant de la politique, de l’armée et de l’industrie, d’après le professeur Turley.

Dans ce qui suit ce groupe d’intérêt politique, militaire et industriel va être examiné de plus près, car il se révèle comme la force motrice derrière la politique des affaires étrangères américaine et qui est comme un fil rouge ininterrompu à travers les mandats de tous les présidents américains : – Selon le professeur Turley ce groupe d’intérêt politique, militaire et industriel est mis en marche par un ennemi flou et invisible : le terrorisme. L’ancien président George W. Bush a insisté pour que les mesures prises contre le terrorisme soient qualifiées de « guerre ». – Le quotidien autrichien « Die Presse » titrait le 6 août 2007 : « L’industrie de l’armement américaine : le grand business de la guerre ». Dans l’édition imprimée il était écrit : « L’industrie américaine de l’armement est florissante et s’accroît plus que jamais depuis les jours les plus glacés de la guerre froide. Ce n’est pas seulement à cause des guerres en Irak et en Afghanistan, qui ont couté 742 milliards de dollars aux USA. Mais aussi à cause de la disposition générale de l’administration US à faire des dons quand il s’agit de la protection de la patrie après les attentats du 11 septembre 2001 et le soutien d’alliés. – Winslow Wheeler du « Centre pour les informations sur la défense » à Washington a dit en 2007 : « Les guerres et la peur de nouveaux attentats sont le moteur de notre économie, les USA ne pourraient même pas se permettre de faire la paix. » – Le professeur Turley a écrit en 2014 qu’il y a des milliers de lobbyistes à Washington pour faire en sorte que le budget pour la guerre et la sécurité de la patrie croisse sans cesse. –

L’expert allemand en politique internationale, le professeur Günter Meyer, a dit le 21 octobre 2016 dans une interview avec le journal Schweizer Tagesanzeiger que l’industrie de l’armement américaine fait partie des principaux donateurs dans le think-tank « Centre pour une nouvelle sécurité américaine » (CNAS). Celui-ci plaide pour une politique d’intervention militaire plus efficace et un renforcement de l’industrie de l’armement, et il s’oppose à une réduction du budget de la défense. –

En 2016 les USA, premier pays pour l’armement, y investissaient déjà 611 milliards de dollars, c’est-à-dire plus que ce que les huit pays qui le suivent sur la liste dépensent ensemble pour leur armement ; malgré cela le président Trump veut augmenter le budget du ministère de la défense de plus de 50 milliards de dollars. – Le nouveau rapport de l’Institut de recherche sur la paix à Stockholm SIPRI sur le commerce d’armes mondial est très clair. Le SIPRI a été fondé comme fondation par le gouvernement suédois. Selon son rapport, les USA ont élargi leur part du marché mondial de 29 à 33 % ces dernières années. Dans la liste des plus grandes entreprises d’armement du monde, sept sont des multinationales américaines parmi les dix premières et 40 parmi les 100 premières ! Rien que les deux premières multinationales américaines – Lockheed Martin Corp. et Boeing – ont vendu des armes pour environ 65 milliards de dollars en 2015, environ autant que les multinationales dans l’armement de l’ensemble des six pays européens qui les suivent dans le classement.

Tous ces faits et ces chiffres donnent une explication pour la force motrice qui se trouve derrière la politique des affaires étrangères américaine et pour tant de décisions des présidents américains : en effet des stratèges américains issus de la politique, du monde des finances, de l’industrie de l’armement et de l’armée ne s’intéressent apparemment ni à la démocratisation, ni aux droits de l’homme, ni au rapprochement des peuples, ni à la paix mondiale, comme le proclament en permanence les médias. Mais leur seul intérêt est de monter des peuples les uns contre les autres et de faire en sorte que la guerre se poursuive.

D’un côté cela sert à la suprématie économique des USA, d’un autre côté le gouvernement américain peut aussi à travers cela se présenter comme « sauveur » et mettre en pratique ses propres intérêts de pouvoir stratégique.

Source: Kla.tv

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